Regards de deux cinéastes africains sur la créativité et le droit d’auteur

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Sous l’égide de la Fédération Internationale des Associations de Producteurs de Films (FIAPF), deux cinéastes africains, invités au festival annuel genevois Black Movie, ont tenu à partager leurs idées sur le dynamisme du cinéma africain et la protection du droit d’auteur.

Le cinéma au delà de son rôle de passerelle entre les cultures est également un outil de développement considérable en tant que source de création d’emploi et générateur de plus-value selon Cheikh Oumar Sissoko, cinéaste et ancien ministre de la Culture et de l’Education du Mali.

Toutefois, selon lui, la piraterie dont il est victime à travers plusieurs de ses films constitue une aliénation de son droit à la protection de sa création. Il a donné l’exemple d’un de ses films titré « Guimba» qui a été diffusé par une grande chaine de télévision satellitaire sud- africaine sans autorisation préalable de sa part. En guise de rétrocession de droit, ladite chaine a consenti à lui accorder après diffusion un montant « dérisoire » selon M. Sissoko.

Le cinéaste Idriss Ouédrago, également scénariste et producteur au Burkina Faso, quant à lui, a souligné le déficit technique des structures nationales chargées de la protection des droits d’auteur dans les pays africains.

Selon lui, une professionnalisation plus poussée de ces structures aurait aidé à lutter plus efficacement contre la piraterie. A ce niveau, il a interpellé aussi bien l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle que l’Organisation Mondiale du Commerce à œuvrer dans le but d’aider ces bureaux ou organes nationaux à mieux lutter contre la piraterie. Il a préconisé une harmonisation du marché cinématographique ouest-africain gage d’un développement considérable et substantiel de la production et de la diffusion à large échelle.

L’essor du marché des VCD/DVD, combiné à la réduction du parc des salles de cinéma en Afrique de l’ouest favorise une piraterie à grande échelle selon le cinéaste burkinabé.

Par conséquent, il a vivement recommandé à la fois une protection et une promotion de la compréhension du droit d’auteur et des droits connexes.

Au plan international, la mise sur pied “d’un modèle de licence pour permettre à des réalisateurs de films africains et l’industrie de production de film Africain de contrôler le rendement de leurs investissements” est nécessaire, d’après M. Ouédrago.

L’accès au marché audiovisuel européen est en outre, selon M.Ouédrago, un moyen de promotion du cinéma africain. Le degré de respect du copyright en Europe, combiné avec les royalties versés par les chaines européennes au titre des droits de diffusion sont autant d’atouts pour donner un coup de pouce à la production cinématographique africaine, a ajouté M. Ouédrago.

Il s’avère également, que cet événement a été financé par la FIAPF qui regroupe 26 associations de producteurs de films issues de 23 pays à majorité occidentale.

Cheikh Kane may be reached at info@ip-watch.ch.

Avec le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie.

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Comments

  1. Yvan M. says

    Je suis ecrivain d’origine congolaise et j’ai une histoire d’un film africain. Pouvez-vous m’envoyer des adresses des producteurs que je peux contacter? Merci.

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